LA RAFLE DES SANS PAPIERS BAT SON PLEIN !
LYON 2 NE PERD RIEN POUR ATTENDRE PAR SON ENTREPRISE D'EPURATION D'ETUDIANTS ETRANGERS !
Combien d’étudiant-e-s étranger-ère-s se sont vu-e-s, ces derniers temps, menacé-e-s d’expulsion ? Souvenez-vous de Souad, cette jeune algérienne en Master 2 linguistique, aujourd’hui privée d’études supérieures en France malgré les rassemblements successifs d’un plus grand nombre de révolté-e-s devant
La dernière rafle des sans papiers, à quelques semaines des élections, est un fait mais alors : que dire des mesures adoptées par l’Université Lyon 2, celles-là même qui ont pour objectif de filtrer au maximum les étranger(ère)s qui souhaitent y poursuivre leurs études ? Malgré son soutien factice aux concernés (via les mails hypocrites transmis sur les bureaux virtuels), cette université voit les reconduites à la frontière comme un moyen extérieur amplement efficace car servant nécessairement ses intérêts.
Lumière sur la politique anti-étrangère de Lyon 2
Le soutien de façade du Président Claude Journès aux cas individuels d’étudiants étrangers ne sert qu’à détourner l’attention. En effet, au CEVU (Conseils des études et de la vie universitaire) du 16 février, les élus étudiants, enseignants et personnels ont eu à se prononcer sur une mesure importante soumise au vote. Il s’agissait notamment d’aménager les modalités d’accès au dossier d’admission préalable. Comment ? Très simple. Les étudiants intéressés doivent nécessairement passer des tests d’évaluations parmi lesquels, un examen de compétences en langue française. Ces tests sont déjà en vigueur. Cependant, chaque université, selon la filière et le degré de sélection, possède ses propres critères d'évaluation (allant souvent au-delà d'une simple estimation du niveau en français) et apprécie le travail des candidats en leur attribuant une note. La réussite à cette épreuve est une condition indispensable, mais elle ne donne pas automatiquement droit à une inscription.
En ce qui nous concerne, le projet qui a donc été présenté au CEVU pour requérir approbation déclarait entres autres : "Seuls les dossiers des étudiants ayant obtenu au moins 10/20 au test de français sont transmis à la commission pédagogique". Lesdits dossiers seront ainsi écartés en cas d’échec.
Les élus FSE (une procuration), en compagnie d’autres représentants étudiants ont voté contre mais étant minoritaires (9 voix contre ; 17 pour ; 4 abstentions), l’encadrement sélectif du DAP a malheureusement bien été adoptée et désormais applicable.
Mais alors pourquoi une telle obstination à exclure les moins performants lorsqu’ils ne bénéficient pas de privilèges accordés aux autres, comme par exemple : les enfants de diplomates, ceux et celles qui viennent tout droit de lycées privés français de leur pays respectif ou bien même les « Erasmus » ? Pourquoi un tel froid contre les étrangers défavorisés en cette période de l’année ? L’administration aurait-elle déviée sur une position nationaliste ? Non, il s’agit simplement d’ouvrir les portes aux plus « forts », aux plus rentables économiquement ou aux sources de profits en d’autres termes.
La sélection à l’entrée des universités affecte tout un chacun et elle avance à grand pas donc pas question pour notre chère administration de rester à l’écart : il faut assurer une prévention. Lorsque nous évoquions en un premier temps la réforme LMD-ECTS puis le rapport Hetzel et ses conséquences indéniablement néfastes dues notamment à la sélection, c’était pour mette l’accent sur le tournant que connaît l’enseignement supérieur. Ce dernier passe progressivement de service public à marché basé sur l’offre et la demande. L’offre doit être à la hauteur, les universités de même. Et puisque elles sont sauvagement lâchées dans ce marché et indistinctement mises en concurrences, la question est de savoir comment faire face à la compétitivité si l’Etat coupe les ressources aux moins productives (rappelons que pour ce faire, les gouvernements prétextent la dette publique alors que les profits explosifs des entreprises du CAC 40 – environ 100 milliards d’euros en 2006 – ne cessent d’augmenter tout en demeurant en marge des discussions du fait de leurs protecteurs : les « fonctionnaires du capitalisme »). Cela passe par une sélection élitiste en ne gardant que les « cerveaux » pour ce qui s’agit des étudiants étrangers. Les autres, quand bien même ils réussiraient à obtenir de bons résultats pour en fin de compte décrocher des diplômes si seulement on leur accordait une chance, seront inexorablement rejetés quant à leur projet d’études. Ce qui, globalement, rejoint non loin l’immigration choisie déjà impulsée par Nicolas Sarkozy, au Ministère de l’Intérieur (cf. réforme du CESEDA), et qui inspire aujourd’hui d’autres candidats à la Présidentielle.
Devons nous admettre la présence de barrières filtrantes, indignes d’un pays qui se veut un modèle européen social et multiculturel ? Certainement pas ! Notre devoir est de contrer en permanence, dans le cadre d’un rapport de force, toutes ces mesures honteuses pour ainsi mettre déroute toute perspective de sélection : qu’elle soit économique, sociale, élitique, ou nationale dans le pire des cas.
Etudiante, étudiant, l’heure est grave ! Soyons prêts à nous mobiliser contre les forces politiques, quelles qu’elles soient, qui par l’accession au pouvoir continueront inéluctablement à remettre en cause nos droits et acquis sociaux. Ne nous laissons surtout pas étouffer par cette mascarade électorale ! Quoiqu’il advienne, exigeons l'abrogation de toutes réformes universitaires qui démantèlent l'enseignement public !
DES ATTAQUES INOUIES SONT EN TRAIN D’AVOIR LIEU...
Tout cela ne sert qu’à déblayer le terrain aux attaques les plus graves. Les étudiants voulant venir en France seront recrutés à l'étranger par des Centres d'Etudes en France (CEF), qui se généralisent depuis la rentrée 2006. Sous couvert de services mis en place par les ambassades pour assurer l'accueil, l’information et l'orientation des étudiants étrangers, les CEF sont en réalité des agences de surveillance et sélection des étudiants. Ce n’est donc plus ni aux enseignants, ni à l’Université de juger de l’intérêt des cursus suivis à l’étranger. Les universités qui n’y adhèreraient pas courraient le risque de voir leurs étudiants déboutés régulièrement de leur demande de visas par les autorités consulaires.
Les critères, en effet, ne sont plus ni scientifiques ni pédagogiques, ils sont économiques. Chaque dossier comporte un avis individuel selon des critères de sélection extrêmement restrictifs :
- le « projet d’études de haut niveau », parcours personnel, les langues,
- les ressources financières (il faut être riche et de bonne famille),
- l’absence de menace à l’ordre public (c’est à dire la soumission absolue à la dictature locale soutenue par
- et surtout les intérêts de «
Le ministère de l’Education nationale a présenté le 7 mars le projet « Campus France », groupement d’intérêt public regroupant les ministères des Affaires étrangères et de l’Education nationale, le CNOUS, l’association EGIDE (promotion de l’enseignement supérieur français à l’international), et les établissements d’enseignement supérieur (universités et grandes écoles), avec les buts suivants:
- Les bourses aux étudiants étrangers
- Le « conseil d’orientation »
- La centralisation du dispositif de sélection des CEF
- Son extension à tous les étudiants étrangers
Il n’est pas difficile d’imaginer le sort des étudiants étrangers qui ne viendront pas dans le cadre de ce dispositif. Un grand nombre d’étudiants que nous connaissons, présents dans nos amphis, sont menacés d’expulsion.
Malgré son opposition de façade, le syndicat jaune UNEF n’a jamais montré d’opposition sur le fond à ce texte, et n’a rien fait non plus pour en informer les étudiants. Elle ne fait que se plaindre du fait que malgré des demandes répétées, elle n’a été consultée à aucun moment dans la mise en place du dispositif. Leur priorité est, tout comme le gouvernement, de rendre les universités françaises « attractives » dans le cadre de la professionnalisation des études et de la concurrence internationale.
Ne nous laissons pas mettre en concurrence par une poignée de bureaucrates et de financiers ! Battons-nous pour une Université publique, gratuite, laïque, de qualité, ouverte à toutes et à tous notamment aux enfants issus de la classe ouvrière, une Université critique et populaire !
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