La FSE n’a que fait son devoir de syndicat de lutte en refusant de voter pour
la liste de personnalités extérieures proposée par le nouveau président de l’université. Notre responsabilité n’est pas de cautionner la soumission de l’université aux intérêts économiques locaux
mais de défendre une université gratuite, publique, populaire, laïque et critique. Le blocage
administratif des mois de juin et juillet n’était pas la conséquence d’un jusqu’au-boutisme de notre part, mais bien de l’inadaptation aux réalités du monde universitaire de la LRU.
Si la liste des personnalités extérieures a été adoptée ce coup ci, c’est que les
rapports de force dans le CA ont été bouleversés. Ainsi, l’UNEF et l’UNSA se sont affrontés pour savoir lequel d’entre eux placerait SA personnalité extérieure au sein du CA. Il a été préféré la
personnalité extérieure de l’UNSA, le directeur du Vinatier, à celle de l’UNEF. Nous mêmes n’avons pas de préférence entre les deux. L’UNSA comme l’UNEF défendaient de façon similaire leur
choix : leurs personnalités extérieure fourniraient des stages aux étudiants. Nous pensons que ce sont plutôt ces personnalités qui se fourniront en travailleurs à très bas prix parmi les
étudiants.
L’incapacité de l’UNEF a obtenir un
allié parmi les personnalités extérieures du CA est révélateur de l’effondrement de sa capacité de nuisance collaborationniste - alors même que Lyon II en est un bastion historique. D’autre part,
l’action de la FSE sur les chaînes d’inscription a protégé les nouveaux étudiants du racket systématique opéré par l’UNEF. Militants locaux et nationaux essaient de soutirer aux futures premières
années 20 euros de façon systématique. La déception de l’UNEF de ne plus être des interlocuteurs privilégiés par l’équipe présidentielle explique leur refus des personnalités extérieures
proposées par Christin. Cela dit, que celui-ci n’imagine pas remplacer l’UNEF par la FSE : nous ne marcherons jamais main dans la main avec l’administration, ne cogérerons pas
l’université ni ne négocierons les intérêts des futurs travailleurs que sont les étudiants.
La liste enseignants et personnels PAU a choisi quant à elle de voter pour les
personnalités extérieures. Nous regrettons le choix de PAU d’accepter l’application de la LRU à Lyon II, alors même que cette liste comporte des éléments dangereux pour l’indépendance de notre
université.
Notamment, parmi eux, Michel Rouault, directeur de Dexia Rhône Alpes. C’est
l’homme de Tiran, le doyen de sciences économiques. Dexia serait selon Tiran une banque « sociale », car elle est orientée vers le crédit au collectivité locales. Les usuriers de Dexia
maintiennent sous la pression de l’endettement communes, départements, régions. Dexia n’hésite pas à « rouler dans la farine », selon le Canard Enchaîné, François Hollande,
maire de Tulle, et des directeurs d’hôpitaux publics en leur faisant souscrire des emprunts à taux d’intérêts variables qui les plongent dans des difficultés financières insolubles. Le choix de
Tiran est également révélateur des intérêts qu’il défend : ceux de sa chapelle, la faculté de sciences économiques.
Rien ne nous permet d’être optimistes quant au futur de Lyon II. Christin s’est toujours prononcé nettement pour la LRU, quant aux garanties
qu’il a du donner pour se faire élire, nous n’avons aucun moyen d’estimer qu’elles seront respectées. Une commission d’enquête sur les techniques de répression employées par l’administration
précédente est censée se réunir, certes. Mais nous verrons bien quelles techniques emploiera la nouvelle administration lorsque nous devrons nous mobiliser.
D’autres part, nous avons pu constater lors de ces inscriptions le fossé entre la
masse des étudiants et l’administration. Bien qu’aussi bien Christin que Brelot aient affirmé publiquement le refus de la sélection, certaines filières refusent d’inscrire des bacheliers au
prétexte que leur bac a été passé dans une autre académie. Nous avons relevé de nombreux cas et avons tenté d’intéresser les membres du CA à cette question le 18 Juillet. Mais, bien que nous
soyons aller jusqu’à les mettre face à des étudiants dans cette situation, les élus étaient davantage obnubilés par les
luttes de pouvoir internes à l’université.
La FSE, elle, préfère se battre pour l’intérêt des étudiants, notamment ceux issus des
classes populaires, qui sont les premiers visés par les réformes et les premiers à pâtir de cette sélection larvée, d’autant plus révoltante qu’elle tait son nom. Nous ferons notre possible pour lutter pour leur droit à une inscription, même si nous ne saurions nous corrompre par de petits arrangements
avec l’administration.
Nous nous tenons prêts à, dès la rentrée, nous battre certes dans les conseils, mais aussi sur
les campus et dans la rue.