La grève nationale étudiante, lycéenne en lien avec les travailleurs a contraint le gouvernement à reculer sur la question du CPE. Même si nous ne pouvons que saluer l'ampleur et la détermination de ce mouvement, la victoire reste amère.
En effet, les coordinations nationales successives, toutes les assemblées générales portaient d'autres revendications qui ont été complètement occulté par le gouvernement, les médias et les directions syndicales : retrait de la LEC, du CNE, la question du service public d'enseignement (loi Fillon, postes aux concours, reconnaissance du diplôme…). La répression des mouvements sociaux a aussi été un axe de lutte important de notre mouvement.
Aujourd'hui les directions syndicales (UNEF, FSU, CGT, FO…) et les médias s'appliquent à enterrer notre mouvement considérant que nous avons gagné.
Cette attitude est à l'image de celle qu'ils ont eu pendant toute la mobilisation. Ils n'ont rien fait pour construire la grève générale. Ils n'ont jamais relayé l'ensemble des revendications portées par les coordinations nationales ; ils n'ont jamais pris en compte les appels à la grève générale contre la LEC, le CNE et tous les mots d'ordre de notre lutte.
Une fois le CPE « remplacé », les présidents d'université, les médias, les directions confédérales ont décrété la fin de la mobilisation et nous ont enjoint de reprendre les cours pour permettre la bonne tenue des examens. Et se sont empressé de participer à l'élaboration des prochains « grands chantiers » du gouvernement : débat Université/Emploi à la Sorbonne, sécurisation des parcours professionnelles…
Le gouvernement, quant à lui, continue à faire pleuvoir les réformes : attaque contre les filières jugées non rentables, professionnalisation des études (dans le cadre de la commission université-emploi), projet de loi CESEDA qui réduit les étrangers à de la marchandise « choisie » selon les besoins du marché…
Malgré la politique du gouvernement, l'appel au calme des directions syndicales, les vacances, de nombreuses facs ont continué à se mobiliser et ont maintenu la grève. Mais progressivement ces blocages et la grève ont été levés.
Néanmoins à l'heure actuelle, la mobilisation continue mais sous de nouvelles formes : création de comités, de collectifs de mobilisation qui continue à informer et à organiser les étudiants, coordinations nationales maintenues…Ceci montre donc la détermination des étudiants à s'organiser de manière collective.
Cependant, ce mouvement à l'image des luttes étudiantes précédentes (2002, 2004…) a souffert de la division et de la faiblesse du syndicalisme de lutte.
Ce constat nous le faisions déjà en septembre 2005 lors du congrès de la FSE et c'est pour toutes ces raisons que nous avons décidé de lancer l'appel à un processus de fusion. Une première réunion a eu lieu à Paris le 10 décembre 2005 réunissant des sections de la FSE et de SUD-Bordeaux et appelant à l'unité organisationnelle du syndicalisme de lutte étudiant.
Ainsi considérant les situations économiques, politiques et syndicales dans laquelle nous nous trouvons aujourd'hui, il nous semble urgent de relancer ce processus de fusion afin d'unir les multiples forces syndicales luttant pour l'amélioration des conditions de vies et de travail des étudiants en refusant toute logique de cogestion. Pour une démarche syndicale basée sur la lutte collective et offensive pour mettre fin à la casse de l'enseignement public, laïque et ouverte à tous.
Il est plus que temps que le rapport de force tourne en notre faveur dans ce contexte de politiques de casse sociale, de démantèlement du service public d'éducation et de trahisons des directions syndicales.
PARTICIPEZ AU PROCESSUS DE FUSION
Réunion à Bordeaux vendredi 26, samedi 27 mai