COMMUNIQUE DU 06/12/2007
Nous soulignons notre indignation par rapport à la répression inouie exercée sur ordre du Président de l’Université Lyon 2 Claude Journès
Nous ne reviendrons pas sur les divers actes de répression commis par la Présidence dans la période récente et moins récente. Rappelons qu’ils se traduisent aujourd’hui par l’intervention quotidienne de la police et des gendarmes mobiles sur les campus pour matraquer les grévistes, depuis trois jours.
Aujourd’hui, un pas de plus a été franchi dans la répression. La police nationale est intervenue violemment avec pour but de procéder à des arrestations. Un étudiant a été blessé gravement à la tête (12 points de suture), et un grand nombre d’autres frappés brutalement.
2 étudiants, syndicalistes et militants actifs (dont un à la F.S.E.) ont été l’objet d’une arrestation ciblée. La police avait désigné très clairement une partie des « meneur/euse-s » du mouvement comme des cibles potentielles. Ces deux militants ont été chargés d’inculpations farfelues et mensongères, comme beaucoup de gens peuvent en témoigner, de « violences volontaires sur agent ». En réalité, la violence a été de la seule initiative de la police.
Les dites arrestations ont été l’objet d’un rassemblement d’environ 200 personnes devant l’Hôtel de Police de Marius Berliet. Les inculpés ont rendez-vous avec le Procureur de la République demain matin.
La liberté de réunion, autrement dit de tenir des Assemblées Générales, a été supprimée sans vergogne par M. Journès, de même que toute possibilité de débat à l’intérieur de l’Université. Les entrées sont contrôlées à toutes les portes par des vigiles privés particulièrement vindicatifs. Les CRS et gendarmes mobiles stationnent de manière quasi permanente sur les campus et à proximité.
Un grand nombre d’étudiantes et étudiants se sont refusé-e-s d’aller en cours, tandis qu’une part importante des professeurs et des personnels exerçait leur droit de retrait. Un regain de solidarité s’est donc fait jour au sein de l’Université. Des rassemblements unitaires auront lieu demain matin devant les entrées du campus.
La répression policière repose, du point de vue de la Présidence et de ses soutiens, sur un seul argument : le vote bidon organisé par la Présidence lundi, boycotté par prés de 85% des étudiantes et des étudiants. Un communiqué commun avait même été réalisé entre « bloqueurs » et « antibloqueurs » pour appeler au boycott du scrutin, qui ne laissait que deux choix : reprise des cours ou fermeture administrative (avec, implicitement, intervention immédiate de la police à la moindre tentative des grévistes de reprendre possession des lieux).
Ce jour là, la présidence nous avait refusé toute salle pour tenir l’Assemblée Générale hebdomadaire de Bron, feignant de s’offusquer, comme elle l’a fait dans un communiqué, qu’« un groupe d'individus, dont certains extérieurs à l'Université (sic !), aient tenté en violation des règles démocratiques les plus élémentaires, d'empêcher, sur les deux sites, le déroulement du scrutin »
Contrairement à certaines idées qui ont pu se propager ici et là, le mouvement pour l’abrogation de la LRU ne s’est pas « essoufflé » du fait du désintérêt des étudiantes et des étudiants. Il a été frappé par une répression menée systématiquement par la Présidence de Lyon 2, sans aucun doute sous l’impulsion du plus haut niveau de l’Etat. Et la présidence continue de se prétendre porte-drapeau des « règles démocratiques »…
Nous revendiquons l’arrêt immédiat des poursuites contre les deux camarades inculpés.
Nous demandons le départ immédiat des forces policières et militaires présentes à proximité des campus de Bron et des Quais, la suppression des Sécurités Privées et des contrôles de cartes d’étudiant à l’entrée des campus, le retour immédiat à la liberté de réunion sur le campus.
Nous continuerons à demander la démission de Claude Journès, Président de Lyon 2, particulièrement responsable des problèmes actuels.
Les matraques ne nous feront ni taire ni céder. La lutte contre la loi Pécresse continue.
ajouter un commentaire commentaires (4) recommander

