Cette fin d’année particulièrement mouvementée fut marquée par la lutte menée par les lycéens contre la réforme
Darcos. Cette lutte, bien que n’ayant pas obtenu gain de cause, doit servir à une nouvelle mobilisation à la rentrée prochaine.
Dans le même esprit, le gouvernement s’attaque à l’université. Parce que vous êtes la nouvelle génération d’étudiants,
vous êtes les premiers concernés par les contre-réformes visant l’enseignement supérieur.
La FSE, syndicat majoritaire à Lyon2 se bat pour les droits étudiants pour une Université Publique, gratuite, laïque,
populaire, ouverte à tous et à toutes. Nous luttons contre la politique capitaliste de démantèlement de nos acquis sociaux.
Nous nous sommes mobilisés contre la loi d’autonomie des Universités et appelions à massifier le mouvement dans toutes
les universités. Nous exigeons toujours l’abrogation de la loi LRU, et de toutes les réformes qui ont suivis et précédés dans la logique du processus de Bologne, visant à l’harmonisation de
l’enseignement supérieur en Europe, menant progressivement à une privatisation des Universités.
Nous avons également soutenu le mouvement lycéen contre la réforme Darcos qui n’était qu’un copié collé de la réforme
menée par Valérie Pécresse, la ministre de l’enseignement supérieur.
Ces réformes successives misent en place par le gouvernement ont toutes pour but de soumettre l’université aux
intérêts privés, à la rentabilité économique, et à professionnaliser l’enseignement, tout en précarisant les étudiants avant leur entrée sur le marché du travail.
Etat des lieux de la situation dans les
universités :
LRU :
La loi relative aux Libertés et Responsabilité des Universités, mise en place par Valérie
Pécresse durant l’été 2007 vise à soumettre les universités aux intérêts privés. Pour cela elle met en place un certain nombre d’éléments menant à précariser l’enseignement
supérieur :
Ø Dépendance financière au patronat : L’Etat organise la pénurie budgétaire au
sein de l’université pour contraindre celle-ci à recourir à des fonds privés. La LRU permet la création de fondations qui pourront recourir au mécénat d’entreprises privées. En échange ces
entreprises pourront influer sur le contenu des enseignements et sur la recherche.
Ø La professionnalisation devient une mission prioritaire de l’université, en clair
les formations dispensées devront se conformer aux besoins à court terme du patronat et non pas développer l’esprit critique et la culture des
étudiants.
Ø Une sélection masquée dès le lycée: le processus d’ « orientation
active » met en place une pré inscription (lettre de motivation, entretien avec des enseignants) qui vise à décourager les futurs étudiants de s’inscrire dans les filières jugées non
rentables par les entreprises.
Ø Le Conseil d’Administration, organe décisionnel de l’université est
restreint. Sa composition change, la proportion des élus étudiants et du personnel diminue et des représentants du patronat doivent y siéger. Le président de l’université concentre de
nombreux pouvoirs (droit de véto sur le recrutement des enseignants-chercheurs jusque là choisis par leurs pairs, primes au mérite…)
Ø Casse de la fonction publique: Absence de création de postes de fonctionnaires de
l’enseignement supérieur dans les années à venir, recours massif à des personnels précaires…
On assiste aux premières répercussions de la LRU avec notamment la création et l’aménagement de filières sur demande
des entreprises (Exemple: Mise en place d’une licence Conforama à Tolbiac) et à la présentation du plan licence et du plan campus, qui ont suivis la loi.
Plan
licence :
Ø Ce plan organise la suppression des filières spécialisées en première année pour les remplacer par 5 grandes filières (sciences,
médecines, sciences humaines, droit, histoire géographie). La première année devient une super terminale utilisée comme processus de sélection.
Ø Il met en place l’« orientation active » à l'entrée de l'université. Les étudiant seront tenus de signer un contrat de réussite,
en cas d’échec ils pourront être réorientés dès le 1er semestre en filière professionnelle.
Ø Le ministère annonce une augmentation du nombre d’heures hebdomadaires (5h) sans créer de postes d’enseignants supplémentaires ce
qui conduira soit à une surcharge d’enseignement pour les enseignants-chercheurs, soit à l’emploi de personnels non permanents. Cela aura donc des conséquences néfastes sur la qualité de
l’enseignement et sacrifie l’activité de recherche.
Ø Obligation de stages obligatoires en licence, non rémunérés.
Plan campus :
Financé par la cession de 3 % d'EDF, il vise à créer 10 pôles universitaires d’excellences. Ce plan va renforcer la
mise en concurrence des universités sur le territoire. En effet seuls 10 campus sur 85 sites universitaires pourront bénéficier de moyens supplémentaires, le gouvernement cherche donc à mettre en
place une université à deux vitesses avec d’un côté des pôles d’excellences et de l’autre, des facs poubelles sous financées. Ainsi à Lyon les établissements élitistes comme l’ENS vont recevoir
encore plus de fonds étatiques grâce au plan. Parallèlement le campus de Bron (de sciences humaines) qui est plein d’amiante, ne recevra aucune aide supplémentaire pour rénover ses
bâtiments.
Bourses :
Malgré les effets d’annonce sur la création d’un 6ème échelon de bourse, en réalité le gouvernement supprime certains
critères dans le calcul des bourses (parent isolé) et en dévalorise d’autres (éloignement familiale et handicap). Plus de 50 000 étudiants vont voir leur bourse diminuée et 2000 étudiants vont perdre leur bourse.
Parallèlement le gouvernement investit 40 millions d’euros de bourses au mérite, favorisant un système élitiste axé
sur les résultats scolaires aggravant encore un peu plus la sélection sociale dans nos facs.
Sans papiers :
Dans le cadre de la chasse aux sans-papiers, orchestrée par le gouvernement, les universités n’ont aucun scrupule à
collaborer avec la préfecture. Ces derniers pourchassent notamment des étudiants étrangers pour les expulser. Face à cette chasse à l’homme, la FSE exige la régularisation de tous les
sans-papiers. Nous luttons auprès des étudiants sans-papiers dans des collectifs comme le Réseau Universités Sans Frontières, sur le mot d’ordre, « une carte étudiante = une
carte de séjour ». Nous réclamons par ailleurs le retrait de la loi Hortefeux, à contenu raciste et exigeons la suppression du ministère de l’identité nationale et de
l’immigration.
Site national : luttes-etudiantes.com
Blog de la FSE Lyon : http :
//usel-fse.over-blog.com
Mail : uselfse@yahoo.fr
Contact : 06 75 54 73 73
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Contre les attaques du gouvernement nous devons préparer ensemble les ripostes qui s’imposent ! RDV a la
rentrée…