Il est du devoir de la FSE de tenir les étudiants de Lyon II informés de ce qui se joue en ce moment dans les Conseils
d’Administrations. C’est avant tout la preuve de la justesse de la mobilisation que nous avons menée à l’automne contre la LRU, mobilisation qui n’a pas pu être menée à son terme à cause de la
répression exercée par Claude Journès, sbire du gouvernement.
Vous pouvez consulter sur notre blog (http://usel-fse.over-blog.com/) les comptes rendus de CA.
Nous devons également vous informer de façon plus concise. Cela dit, la complexité des évènements rend nécessaire la longueur de ce mail.
Les CA se réunissent au sommet du dôme du palais présidentiel du campus
des quais, dans une salle dont le confort et le luxe sont une insulte au personnel et aux étudiants. Siègent au CA élus professeurs, étudiants et du personnel, membres de droit (collectivités
locales) et avec la LRU un nombre accru de personnalités extérieures (dont au moins un représentant du patronat). L’admission des personnalités extérieures au sein du CA dépend des 22 membres
élus qui peuvent accepter ou refuser la liste de personnalités fournies par le président de l’université.
Or, Journès a déjà soumis sa liste trois fois au vote, et par trois fois le CA l’a rejetée, même aménagée. Journès refuse de remettre
au préalable son mandat en jeu face aux 22 élus (les personnalités extérieures à qui il ouvrirait la porte du CA lui seraient reconnaissantes).
A terme, la paralysie du CA conduirait la paralysie de l’université, incapable d’embaucher mais aussi de payer son personnel. Mais
cela n’arrivera pas : à la rentrée, vous trouverez sans doute l’université sous tutelle du ministère : le CA ne se réunira plus et ce sera une équipe nommée par le gouvernement qui
prendra les décisions. Un petit quart des universités françaises connaissent le même blocage administratif. La faute en revient à la loi ainsi qu’au président de l’université, Journès.
La FSE ne considère pas le CA comme organe de décision légitime et démocratique et sa dissolution lui importe peu. Nous avons refusé
la liste présentée par Journès car des intérêts privés et économiques n’ont pas à siéger au CA de l’université. Nous constatons que l’UNEF, la CGT, l’UNSA s’accommodent très bien de la LRU à
laquelle nous nous sommes toujours opposés et continuons de nous opposer sans nous ni vous trahir. La FSE a à porter les revendications et les intérêts des travailleurs en formation que sont les
étudiants, non à choisir qui sera leur bourreau.
De plus, que nous propose Journès ? La loi ne lui impose qu’un représentant du patronat, Journès faisait du zèle et en proposait
au départ deux. L’un de France Telecom, l’autre de Mérial, industrie pharmaceutique. Le management de France Telecom, contrairement à ce que soutient Journès, ne fait pas dans le social, quant à
l’industrie pharmaceutique, chacun sait qu’elle est loin d’être irréprochable. La pharmacie et le secteur de la santé sont un secteur de partenariat privilégié pour Claude Journès.
Il souhaite dans une logique clientéliste fournir ces entreprises en chair fraîche de travailleurs, tout spécialement formés à leurs
besoins. Les élèves des filières Histoire de l’Art, Anthropologie ou Histoire ne sont absolument pas pris en compte dans le choix proposé par Journès. Il s’agit de rendre rentables les étudiants
d’Economie, Droit, Sciences cognitives, Psychologie.
L’UNSA, qui a voté pour la liste préfère le vocable « représentants du monde de l’entreprise » plutôt que du patronat.
L’UNSA a placé sur la liste de Journès le directeur du Vinatier. C’est là encore un représentant du patronat, finalement, pour qui les élèves de psychologie formeraient des contingents de
stagiaires gratuits, palliant les manques budgétaires de l’hôpital public.
La conduite de l’UNEF est scandaleuse : elle a voté la liste des personnalités extérieures, qualifiant la première, avec deux
représentants du patronat, de « bonne », et la deuxième de « meilleure » encore. Elle lui paraît équilibrée.
En réalité, la fidélité envers les pouvoirs en place à l’université est une nécessité de survie pour l’UNEF qui a été laminée partout
en France.
L’UNEF propose sur la liste de Journès un directeur de la MGEN, mutuelle des enseignants. Elle ose se féliciter des stages qu’ils
pourraient offrir aux étudiants, arguant pour se justifier qu’ils seront rémunérés (mais pas au SMIC, quand même : travailleurs gratuits ou au rabais, c’est plutôt offrir les étudiants à la
MGEN que l’inverse).
EVU après avoir voté contre s’est abstenue, considérant que prendre une décision, c’est trop de pression.
La Cé a voté jusque là pour la liste des personnalités extérieures. Mais l’élu de la Cé comme celle de l’UNEF ne prendront pas part au
vote lors du prochain CA. L’UNEF et la Cé lâchent Journès !
La CGT, quant à elle, a voté la liste proposée par Journès et placé dessus un vice-président du conseil économique et social de la
CGT.
La liste des personnels et enseignants PAU a quant à elle tenu jusque là des positions justes et refuse l’application de la
LRU.
Soulignons la totale inadéquation de la LRU avec la réalité d’une université de sciences humaines et sociales. De nombreuses filières
ne sont pas rentabilisables : quel avenir pour elles si les votes au CA dépendent de représentants de secteurs économiques ?
Derrière la question des personnalités extérieures, s’en cache une autre qui explique le refus opportuniste de la liste RED, qui n’a
rien contre le fait que des représentants du patronat siègent au CA, de voter pour la liste présentée par Journès. RED est une liste de professeurs et personnels menée par le doyen de science
éco, Tiran. Il s’agit de la question du pouvoir à l’université. En effet, voter la liste des personnalités extérieures signifie soutenir Journès et son équipe.
La FSE demande sa démission depuis le festival « grille ta fac ». Ont suivi la traduction en conseil de discipline de Samy
Dichy, ancien élu au CA de Lyon II, le fichage illégal pratiqué par l’administration, le saccage de notre local syndical pendant le mouvement anti LRU, l’intervention des forces de l’ordre sur le
campus, l’arrestation de plusieurs de nos militants. Ont d’ailleurs été relaxés un de nos militants étudiant à Lyon II et un militant Sud Etudiant de Lyon III, jeudi 12 Juin. Il leur était
reproché des actes de violence contre les forces de l’ordre. Ils avaient été arrêtés pour fait de grève le 6 décembre sur le campus des quais.
Nous avons d’ailleurs remis le prix Orwell à Claude Journès, au nom de l’organisation Privacy International (http://www.privacyinternational.org/, http://bigbrotherawards.eu.org/) qui récompense personnalités, collectivités, exerçant une
répression et une politique sécuritaire.
Les tractations tentées par Journès se sont soldées par un échec. RED ne se contente pas d’un poste de vice-président, comme Journès
le proposait. Le président de l’université refuse à chaque CA de remettre en jeu son mandat car il sait qu’il serait incapable de trouver une majorité. Nous ne voyons pas d’ailleurs ou en trouver
une, et, étant donné les rapports de force internes au CA, nous voterons contre toutes les propositions d’équipe présidentielles qui pourraient être faites. RED tient des positions plus à droite
que celles de Journès tout en se cachant derrière un discours démocrate. Une université démocratique, d’accord, mais nous, nous la voulons publique, gratuite, laïque, critique et
populaire.
Un dernier CA se tiendra avant la fermeture estivale de l’université. Le résultat sera sans aucun doute le même : la liste des
personnalités extérieures sera rejetée et nous aurons à faire face à une mise sous tutelle de Lyon II. Et ce sera à la fois la faute de la LRU et de Claude Journès !
La FSE continuera à se mobiliser dans les conseils comme sur les campus et dans la rue pour faire triompher les revendications d’un
syndicat de classe, de masse et de lutte. Aujourd’hui comme demain notre rôle est de vous informer des coups bas et des conspirations de ceux qui veulent subordonner le savoir au capital.