Le « Plan Licence », une nouvelle attaque contre les étudiants et les
personnels
Après la loi LRU, après la répression du mouvement étudiant, après la diminution des moyens et des postes qui continue de
s’accentuer, de nouvelles attaques tombent sur les universités.
Le « Plan Licence » est un concentré de la politique gouvernementale
en matière d’enseignement supérieur, à contre-pied des intérêts de la grande majorité des étudiants et des personnels. Bien qu’aucun poste ne puisse être créé, on annonce 5 heures de cours en
plus par semaine et par étudiant, et une augmentation du rôle des TD au détriment des CM.
L’absence de création d’emplois dans les années à venir implique en effet que l’encadrement pédagogique supplémentaire se fera :
-soit grâce à une surcharge de cours pour les enseignants-chercheurs,
-soit à l’emploi de personnels précaires,
-ou bien… à une diminution du nombre d’étudiants.
Avec un personnel composé toujours plus de contractuels et toujours moins de titulaires, comment assurer un
enseignement réellement universitaire ? Si les enseignants doivent faire plus de cours avec moins de postes, qui assumera la recherche ? Quelle
sera la place de la recherche dans ce type d’université ? Quelle en sera la qualité ?
Ces objectifs intenables se font dans un esprit de « suivi individualisé » des étudiants dans le sens de son
« orientation active » (encore réaffirmée), puis la « réorientation » c'est-à-dire de leur orientation imposée dans des domaines
ou les débouchés sont jugés plus importants. Concrètement, chaque première année devra signer un « Contrat de Réussite », étant entendu que tous ceux qui échouent seront
automatiquement réorientés.
Parallèlement, chaque établissement devra afficher sur le « site national d’orientation », les places
disponibles pour chaque filière (ce qui amène la sélection), le taux de réussite aux examens (ce qui amène la concurrence entre universités
et entre filières), et le taux d’insertion professionnel (ce qui soumet l’enseignement aux intérêts privés).
Un stage obligatoire non rémunéré de 3 mois devra d’ailleurs être effectué au cours de la
licence. Autrement dit, il s’agit de travailler pour un patron gratuitement et à n’importe quelles
conditions (il est démontré que beaucoup de patrons licencient pour recruter des stagiaires étudiants ou chômeurs).
La première année est transformée en une sorte de deuxième terminale (« enseignements
fondamentaux » + « acquisition de compétences »), dont le seul but serait de d’orienter les gens le plus vite possible, le tout dans un contexte de professionnalisation
supervisée par les entreprises. La démarche intellectuelle de chaque discipline est remplacée par un assortiment de « compétences »,
toujours plus ouverte sur l’entreprise privée. Le but n’est pas d’inculquer un enseignement de qualité basé sur la connaissance d’une discipline, mais de former, en trois ans une main d’œuvre
malléable, précaire, et corvéable à merci. Au lieu de la critique et de la réflexion, c’est bien la soumission qui y sera inculquée.
C’est loin d’être terminé. Le « Rapport Attali », faisant écho à certaines déclarations de Sarkozy, prévoit la
création de 10 grands pôles universitaires financés …à 80% par le privé… au plus grand sacrifice de toutes les autres activités universitaires non compétitives ! Ce serait une nouvelle
accélération de la casse de l’enseignement supérieur public. La transformation à marche forcée, la diminution du
nombre d’étudiants et la précarisation accrue peuvent donc d’ores et déjà commencer.
L’université n’est pas la seule à
être attaquée. L’enseignement secondaire, la santé, les retraites subissent également le feu du gouvernement. Encore plus grave, la « refonte » du code
du travail et l’instauration d’un « Contrat de Travail Unique », avancent à grands pas, menaçant de généraliser la précarité, d’augmenter sans aucune limite les heures
supplémentaires, de permettre un licenciement sans entrave ni justification.
C’est le rôle d’un syndicat comme
le nôtre de construire pas à pas la résistance, avec d’autres.
Construisons la riposte !